QU’EST CE QU’UN ENFANT HYPERACTIF?
Ce site s’adresse aux parents, aux adultes, aux adolescents, et à tous ceux qui ont eu la chance ou la malchance d’avoir été un enfant.
Comment en sommes nous venus à considérer les comportements d’un enfant comme une maladie mentale que l’on doit traiter par l’absorption d’une drogue psychiatrique? Si vous êtes un parent ou un enseignant qui est aux prises avec un enfant dit hyperactif, vous avez probablement subi des pressions de la part d’institutions scolaires ou psychiatriques, faites soi-disant pour « aider » l’enfant en suggérant que celui-ci est sous l’emprise d’un problème de débalancement chimique du cerveau.
Commençons par examiner le passé et regardons de quelle façon on traitait un enfant qui avait des difficultés de comportement au siècle dernier. La première approche était bien entendu de renforcer la discipline autour de l’enfant et de trouver des activités dans lesquelles il pouvait se défouler et se concentrer.

Si l’enfant était d’âge scolaire, il n’était pas rare que parents et professeurs se consultent pour aider l’enfant à mieux fonctionner et à gagner.
Il faut se rappeler qu’il n’y avait pas de psychologues, pas de psycho éducateurs, ni même de psychiatres liés aux écoles et que la raison d’être de l’école était l’apprentissage de la langue, de l’écriture, des mathématiques et de l’histoire. On prenait soin d’enseigner l’hygiène et la bienséance ainsi qu’une bonne notion religieuse. Par la suite l’enfant pouvait apprendre un métier et faire face à la vie.
Il faut insister sur le fait que la notion d’éducation psychologique ou l’utilisation de la psychologie en éducation remonte à 1875, dans la ville de Leipzig en Allemagne, suites aux recherches du psychologue allemand Wilhelm Wundt. Selon Wundt, l’homme ne possède pas d’âme et il est incapable d’auto détermination. Il changea la définition du terme psychologie (étude ou science de l’esprit) pour l’étude du cerveau et du système nerveux central.
On notera qu’avant cette époque, l’éducation se voulait être l’art de mettre en valeur les talents et les aptitudes innés de l’individu.
Wundt fut le premier à élaborer les théories selon lesquelles l’Homme n’est qu’un animal animé par un mécanisme d’excitation réflexe, et qu’un enfant est incapable de volonté et inapte à contrôler ses actions à moins d’avoir été pré conditionné à l’aide d’une éducation adéquate.
Ses théories absurdes furent reprisent plus tard par le chercheur russe Ivan Petrovitch Pavlov (le père de la psychologie soviétique) qui travailla pendant des années avec des chiens pour tenter de démontrer (sans succès) que l’homme avait le même mode de pensé que celui des animaux, bien que n’importe quel être humain sensé soit capable d’observer que les comportements des animaux n’ont rien à voir avec ceux de l’homme. Même les singes les plus habiles n’ont jamais pu inventer quoi que ce soit ni même d’écrire un poème. Il est vrai qu’un homme drogué et/ou hypnotisé peut avoir des comportements ressemblant à ceux d’un animal, mais même dans cet état de dégradation il demeure de loin supérieur au singe.
L’idée que l’homme puisse être conditionné et manipulé, a attiré l’attention de plusieurs chercheurs, politiciens et militaristes comme Hitler.
Cette nouvelle science de l’éducation fut donc importée d’Allemagne et de Russie et commença à s’infiltrer aux États-unis dès 1883.
Entre 1883 et 1917 des personnages comme James Earl Russell, James Mark Baldwin, Andrew C. Armstrong , Charles Judd, Frank McMurry, Edward Lee Thorndike, aidés par les fonds de John D. Rockefeller Sr et le talent d’Abraham Flexner, firent avancer cette nouvelle science du comportement dans les collèges et universités américaines.
Deux horribles guerres ont suivi ce changement progressif du système d’éducation.
En 1950, pratiquement toutes les écoles américaines avaient des professeurs entraînés aux théories révolutionnaires de la psychologie expérimentale. Il était désormais convenu que les écoles dites”modernes” n’utiliseraient plus les anciens concepts d’éducation et que l’accent se devait d’être mis sur l’ajustement du comportement des élèves. Les sujets comme la grammaire, la littérature et l’histoire devinrent secondaires ou furent carrément abandonnés. Le Canada emboîta le pas dès le début des années 60 et depuis, à l’instar de nos voisins du sud, les résultats scolaires n’ont cessé de se dégrader.
On comprend fort bien, à la lumière des théories mises de l’avant par Wundt et Pavlov, que les traitements qui ont suivi cette époque (lobotomies préfontales, leucotomies transorbitales, électrochocs, chocs à l’insuline, thérapies directives, drogues abrutissantes) ont dupé la civilisation moderne. Il est vrai qu’un adulte ou un enfant peut être rendu moins dangereux pour ses congénères avec ces méthodes et plus facile à contrôler. Mais il est tout aussi vrai que ces traitements réduisent toute compétence que l’individu pourrait mettre au service de la société dans laquelle il vit, et malheureusement, souvent de façon permanente.
Aujourd’hui, on dit que si un enfant ne semble pas suivre les modèles établis, ce n’est pas la faute du système scolaire mais celle de son cerveau ou de ses parents. S’il a des difficultés à suivre, à comprendre, à se concentrer, à assimiler… il sera étiqueté hyperactif. On dira qu’il a une maladie mentale, un débalancement chimique du cerveau ou encore une maladie héréditaire; toutes des raisons qui nécessitent une médication.
Qu’est ce qu’un enfant hyperactif ? C’est un enfant né à la mauvaise époque !
G. R Péloquin
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